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11/02/2011

"Le trait en majesté" au musée Fabre de Montpellier : le sacrifice d'Iphigénie de Sébastien Bourdon (2/6)

La nouvelle exposition, "Le Trait en majesté, dessins français du XVII collections" (A voir jusqu'au 30 avril) du musée Fabre à Montpellier, illustre avec des feuilles magistrales le rôle fondamental du dessin dans l’enseignement académique.  Elle est aussi l’occasion de publier le premier catalogue scientifique consacré à l’un des fonds majeurs des Arts graphiques du musée. Après le coup de projecteur sur  Pierrre Brébiette, nouveau regard sur les dessins de Sébastien Bourdon. Le sacrifice d’Iphigénie, de Sébastien Bourdon, acquis en juillet 2010 par le musée Fabre de Montpellier Agglomération, avec l’aide du Fonds Régional d’Acquisition pour les Musées (FRAM) Languedoc-Roussillon, pour un montant de 40 000 €, vient compléter le riche ensemble de dessins français du cabinet des Arts graphiques. Coup de projecteur aujourd'hui sur les dessins de Sébastien Bourdon.


Sébastien Bourdon, né à Montpellier dans un milieu d’artisans calvinistes, sillonne le sud-ouest de la France avant d’achever sa formation de peintre à Rome en 1637. Un séjour bref, mais décisif, à Stockholm le consacre premier peintre de la reine Christine de Suède. Par sa science de la composition et sa sensibilité coloriste, par sa diversité d’inspiration, du portrait à la peinture d’histoire, il s’impose comme un artiste majeur.
Montpelliérain, il occupe une place particulière dans les collections du musée Fabre de Montpellier Agglomération, où il figure dès l’origine grâce à François-Xavier Fabre. Cette feuille est un dessin préparatoire au Sacrifice d’Iphigénie, tableau récemment identifié au musée de Novi Sad (Serbie) et datant des années 1660, période de sa maturité. Etant donné le peu de variations avec la peinture, il est probable qu’il s’agisse ici d’un dessin de présentation, destiné au commanditaire.
Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide. L’artiste choisit le moment très dramatique de l’intervention de la déesse Diane, qui enlève la princesse sur l’autel du sacrifice en lui substituant une biche. La composition, dense et mouvementée, suit cependant les préceptes du classicisme : une construction solide et claire, des personnages déclinant un répertoire de gestes et de regards servant l’expression des passions.
L’ample tracé du pinceau souligne les formes esquissées à la pierre noire, donnant un léger effet de fumato propre à la manière de Bourdon.

bourdon2.jpg

Le sacrifice d’Iphigénie  :

Sébastien Bourdfon  (Montpellier, 1616-Paris, 1671). Pierre noire, lavis brun et rehauts de gouache blanche. © Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes Acquis avec l’aide du FRAM Languedoc-Roussillon, 2010

 

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