Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

14/12/2011

Montpellier : Jean Fautrier dans les sujets de l'abstraction au musée Fabre

Montpellier Agglomération propose au public de découvrir, pour la première fois en France, "101 chefs-d’œuvre de la Fondation Gandur pour l’Art", illustrant la peinture non-figurative de la Seconde École de Paris. Par la forte présence dans ses collections permanentes d’artistes majeurs de ce mouvement artistique d’après-guerre, le musée Fabre de Montpellier Agglomération constitue une étape incontournable pour l’exposition, qui offrira un dialogue avec ces tableaux et tout particulièrement l’exceptionnel fonds Soulages. A découvrir une oeuvre par jour : après Pierre Soulages, Jean Fournier et Jean Bazaine. Aujourd'hui : Jean Fautrier.


L’autre tendance qui émerge dans l’immédiat après-guerre revendique de faire table rase avec les valeurs d’une civilisation occidentale qui a mené à la destruction et au meurtre de masse. Pour retourner aux sources de l’humanité, les artistes laissent s’exprimer sur la toile les instincts les plus primitifs, les gestes les plus originaires, en faisant le deuil de l’harmonie au profit du libre jeu des matériaux et des formes. Cette nouvelle forme de primitivisme, adoptée par Wols, Nicolas de Staël ou Jean Fautrier, est proprement expérimentale puisqu’elle repose sur des manipulations inédites de matériaux et d’outils. Mêlant plus explicitement imagerie de type surréaliste (bestiaire fantastique, monstres humanoïdes…) et techniques d’improvisation plastique, les artistes qui forment le groupe CoBrA à la fin de l’année 1948, comme Jean-Michel Atlan ou le Néerlandais Karel Appel, vont porter ce primitivisme renouvelé au rang de style reconnaissable, lié explicitement à un projet politique révolutionnaire de défi à l’égard de la société occidentale.
Jean Fautrier nourrit sa création de son expérience personnelle de la guerre et de son drame intime. Les Otages, série dans laquelle s’insère Sarah, est aujourd’hui sans doute la trace mémorielle la plus forte qu’il ait laissé. Par un processus de dé-figuration qui répond au processus de déshumanisation, les visages et les corps, tracés d’emblée sommairement, deviennent au cours de la série des tâches informes, des masses en pâte épaisse, en décalage avec des tracés circulaires.

 

jean fautrier

Jean FAUTRIER (1898-1964), Sarah, 1943 Huile sur papier marouflé sur toile, 116x81 cm Fondation Gandur pour l’Art, Genève © ADAGP 2011 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève / Photographie Sandra Pointet.

Pratique :
Horaire  du mardi au dimanche : de 10h à 18h.  Fermé le lundi et les 25 décembre et 1er janvier. 
Tarifs:  Plein tarif : 8€ - Tarif réduit : 6€ - Pass’Agglo : 7€ billet famille : 15€

 

Les commentaires sont fermés.