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21/12/2011

Montpellier : Nicolas de Staël dans les sujets de l'abstraction au musée Fabre

Montpellier Agglomération propose au public de découvrir, pour la première fois en France, "101 chefs-d’œuvre de la Fondation Gandur pour l’Art", illustrant la peinture non-figurative de la Seconde École de Paris. Par la forte présence dans ses collections permanentes d’artistes majeurs de ce mouvement artistique d’après-guerre, le musée Fabre de Montpellier Agglomération constitue une étape incontournable pour l’exposition, qui offrira un dialogue avec ces tableaux et tout particulièrement l’exceptionnel fonds Soulages. A découvrir une oeuvre par jour : après Pierre Soulages, Jean Fournier, Jean Bazaine et Jean Fautrier. Aujourd'hui Nicolas de Staël.

 Les années 1950 voient le développement, plus serein sans doute que pendant les années antérieures, des diverses manières d’envisager la peinture non pas comme la figuration de ce que le monde extérieur présente aux yeux humains mais comme la transmission d’une expérience intérieure, subjective, vécue par l’artiste. C’est le temps des constructions, gestes, paysages, ruines,… sans que ces catégories ne soient absolument étanches.
Plusieurs manières d’envisager la peinture coexistent. Il s’agit de recomposer, dans le monde clos du tableau, un espace construit, fait de la superposition ou de la juxtaposition de masses colorées d’une plus ou moins grande stabilité. Dans cette volonté constructive, la plupart des artistes utilisent les qualités de maçonnerie de la peinture au couteau. Ils affichent leur prise en compte du caractère bidimensionnel de la toile, quel que soit le cheminement : recherche de synthèse (Singier), décantation à partir de l’observation du réel (Geer van Velde) ou au contraire mise en ordre progressive d’une abstraction expérimentale (Serge Poliakoff). La concentration sur les seuls moyens plastiques devient une véritable ascèse. 

La peinture de Nicolas de Staël, son combat avec la matière, s’inscrit dans une histoire du matériel et de l’immatériel dans l’art moderne. La couche devient relief, la couleur est le sujet même de la peinture. Désormais, ce qui est en question c’est « l’être physique du tableau ». Comme dans le divisionnisme de Seurat ou dans l’utilisation par certains artistes contemporains du pixel de l’image numérique, Nicolas de Staël utilise le double système de la fragmentation et de l’inclusion dans un ensemble plus vaste d’éléments bruts. En travaillant ainsi, par couches successives, entassement de la pâte, saturation du bloc de couleur, de Staël révèle une “couleur-volume

 

 nicolas de staël

 Nicolas de Staël, Fleurs blanches et jaunes, 1953 Fondation Gandur pour l’Art, Genève © ADAGP 2011 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève/ Photographie Sandra Pointet

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