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20/12/2011

Montpellier : Jean Degottex dans les sujets de l'abstraction au musée Fabre

Montpellier Agglomération propose au public de découvrir, pour la première fois en France, "101 chefs-d’œuvre de la Fondation Gandur pour l’Art", illustrant la peinture non-figurative de la Seconde École de Paris. Par la forte présence dans ses collections permanentes d’artistes majeurs de ce mouvement artistique d’après-guerre, le musée Fabre de Montpellier Agglomération constitue une étape incontournable pour l’exposition, qui offrira un dialogue avec ces tableaux et tout particulièrement l’exceptionnel fonds Soulages. A découvrir une oeuvre par jour : après Pierre Soulages, Jean Fournier, Jean Bazaine et Jean Fautrier. Aujourd'hui Nicolas

À la fin des années 1950, l’importance de la marque du geste sur la toile est devenue une caractéristique commune de la Seconde École de Paris. Jean Degottex et Simon Hantaï proposent une redéfinition insidieuse de cette peinture d’action : le geste importe moins comme transcription de la subjectivité de son auteur que comme simple marque de son travail. Plutôt que l’addition d’un nouveau signe, cette marque peut se lire comme la destruction de l’unité immaculée du fond par l’attaque de projections de peinture ou de grattages. Emilio Vedova, proche de Hans Hartung et Gérard Schneider et qui n’a cessé de regarder vers Paris comme un modèle, en serait le représentant italien. Dans ses toiles cohabitent plusieurs gestes différenciés, telles les stries de pinceau, les projections, les empreintes étirées de ses doigts et de ses mains, auxquelles s’ajoute une technique mixte composée de peinture à l’huile, gouache, fusain, avec l’insertion de sable et de poudres de couleur. Certains artistes comme André Marfaing valorisent le geste pour lui-même, faisant de son expansion aux dimensions de la surface tout entière leur seul principe. Chez Georges Mathieu, le geste pictural sur la toile devient une trace, ce qui subsiste d’une véritable performance.

Jean Degottex est un parfait représentant de l’abstraction lyrique gestuelle. En février 1955, il rencontre André Breton qui lui fait découvrir la pensée Zen et la calligraphie extrême-orientale qui orienteront, dès lors, ses créations.Ici, Jean Degottex vise à explorer la façon dont les signes picturaux peuvent être la trace du geste, autant dans leur rapport à l’écriture qu’à l’espace. Le spectateur suit d’abord, comme s’il lisait un message, le tracé blanc, tel une calligraphie en négatif, blanc sur noir. Puis les projections et les gouttes de couleur font prendre conscience d’un geste très rapide. Les tâches rougeâtres, visibles sur la partie droite, rappelle une sorte de signature illisible. Le titre du tableau renvoie d’une façon détournée au principe de dualité du Yin et du Yang. En intitulant paradoxalement deux de ses tableaux L’Adret, versant ensoleillé d’une vallée, composition à dominante sombre, et L’ubac, au fond clair, Degottex joue sur l’union des contraires et leur réciprocité permanente

 

jean degottex

 

L’adret, Jean DEGOTTEX (1918-1988) Novembre 1959, huile sur toile Fondation Gandur pour l’Art, Genève © ADAGP 2011 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève/ Photographie Sandra Pointet

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