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17/12/2011

Montpellier : Maria Vieira da Silva dans les sujets de l'abstraction au musée Fabre


Montpellier Agglomération propose au public de découvrir, pour la première fois en France, "101 chefs-d’œuvre de la Fondation Gandur pour l’Art", illustrant la peinture non-figurative de la Seconde École de Paris. Par la forte présence dans ses collections permanentes d’artistes majeurs de ce mouvement artistique d’après-guerre, le musée Fabre de Montpellier Agglomération constitue une étape incontournable pour l’exposition, qui offrira un dialogue avec ces tableaux et tout particulièrement l’exceptionnel fonds Soulages. A découvrir une oeuvre par jour : après Pierre Soulages, Jean Fournier, Jean Bazaine et Jean Fautrier, Alberto Burri.  Aujourd'hui Maria Vieira da Silva.

 

Dans ce courant, l’artiste explore son rapport au monde extérieur, entre volonté constructive et esthétique gestuelle. Le paysage n’est pas représenté sous son aspect formel, mais est saisi soit par les effets subjectifs qu’il suscite chez l’artiste, soit par un processus d’identification qui cherche à en faire percevoir le principe vital. Les peintres prennent en compte la structure de la nature ou de l’environnement urbain comme des effets de lumière, qui font miroiter sur la surface de la composition une myriade de petits éléments distincts et répétés par nappes. L’imprégnation par les effets polysensoriels de la nature est particulièrement sensible chez les peintres chinois Chu Teh-Chun et Zao Wou-Ki, qui viennent s‘établir à Paris en y apportant une tradition calligraphique liée à la peinture de leur pays d’origine. Ces tableaux peuvent à l’occasion atteindre des dimensions monumentales, projetant sur les spectateurs un fourmillement d’impressions, sans que s’y retrouve l’assise d’une composition au sens traditionnel du terme mais porteurs d’un élan vital, une direction qui suggère un voyage des sens et de l’esprit.



En 1928, attirée par le prestige artistique de Paris, Maria Vieira da Silva choisit de quitter son Portugal natal et une éducation culturelle stricte. Après un exil forcé de 1939 à 1947, elle revient à Paris après la guerre, et fera de la ville l’un de ses sujets de prédilection. Labyrinthes, villes, bibliothèques, gares ou infrastructures métalliques forment une réalité qu’elle capte et déploie dans des paysages mentaux sophistiqués qui combinent réseaux et mosaïques dans des compositions aux perspectives fuyantes. Paris, la nuit, de 1951, évoque les grands boulevards parsemés de lumières scintillantes, baignés de sensations musicales diffuses. Cet hommage à Paris se joue comme un « nocturne »

mria vieiara da silva



Paris la nuit, Maria Vieira da Silva (1908-1992) 1951, huile sur toile Fondation Gandur pour l’Art, Genève © ADAGP 2011 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève/ Photographie Sandra Pointet

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