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16/12/2011

Montpellier : Alberto Burri dans les sujets de l'abstraction au musée Fabre

Montpellier Agglomération propose au public de découvrir, pour la première fois en France, "101 chefs-d’œuvre de la Fondation Gandur pour l’Art", illustrant la peinture non-figurative de la Seconde École de Paris. Par la forte présence dans ses collections permanentes d’artistes majeurs de ce mouvement artistique d’après-guerre, le musée Fabre de Montpellier Agglomération constitue une étape incontournable pour l’exposition, qui offrira un dialogue avec ces tableaux et tout particulièrement l’exceptionnel fonds Soulages. A découvrir une oeuvre par jour : après Pierre Soulages, Jean Fournier, Jean Bazaine et Jean Fautrier. Aujourd'hui Alberto  Burri.


De nombreux artistes relaient pendant les années 1950 et au début des années 1960 l’idée formulée dans l’immédiat après-guerre, selon laquelle la grande tradition de la peinture occidentale est désormais révolue. Il ne serait dès lors possible de sauver la peinture qu’en assumant la ruine du tableau. Cela passe par divers moyens : l’abandon de la touche picturale pour d’autres gestes, la transformation en une matière brute chez Jean Dubuffet ou Antoni Tàpies, l’appropriation des matériaux pauvres du quotidien (chiffons, jute, verre…) comme chez Alberto Burri ou Salvatore Scarpitta, une trituration de la matière allant du rapiècement cousu au collage. Le geste destructeur peut aboutir à la création artistique, qu’il soit perforation, entaille ou lacération. La distinction entre abstraction et figuration a dès lors largement perdu de son sens. Ce sont les fondements mêmes du tableau qui sont attaqués : l’art n’a plus à se confronter au réel extérieur puisque celui-ci est directement intégré dans ses matériaux. Les affichistes vont jusqu’à prendre un fragment brut, trouvé tel quel dans la rue, pour en faire une oeuvre digne d’exposition.



Alberto Burri participe à la fondation du groupe Origine qui prône une « vision anti-décorative » de l’art. Pour l’artiste, l’objectif est d’expérimenter divers matériaux peu communs en peinture comme les déchets de la vie quotidienne, ou la chaux, le goudron, le métal, le plastique brûlé afin d’utiliser la consistance de ces matières comme forme de l’oeuvre. à partir de 1950, il commence à réaliser sa célèbre série des Sacs, dont fait partie Vera Umbria. Il inclut dans la composition des sacs en toile de jute, qu’il peint, marque de profondes cicatrices et taches rouges. Il en utilise les trous, rapiéçages, abrasions ou éraflures, comme autant de métaphores de chair humaine meurtrie, blessée et ensanglantée



Umbria Vera

Umbria Vera, Alberto Burri (1915-1995) 1952, sac, technique mixte et huile sur toile Fondation Gandur pour l’Art, Genève © ADAGP 2011 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève/ Photographie Sandra Pointet

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