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18/12/2011

Montpellier : Georges Mathieu dans les sujets de l'abstraction au musée Fabre

Montpellier Agglomération propose au public de découvrir, pour la première fois en France, "101 chefs-d’œuvre de la Fondation Gandur pour l’Art", illustrant la peinture non-figurative de la Seconde École de Paris. Par la forte présence dans ses collections permanentes d’artistes majeurs de ce mouvement artistique d’après-guerre, le musée Fabre de Montpellier Agglomération constitue une étape incontournable pour l’exposition, qui offrira un dialogue avec ces tableaux et tout particulièrement l’exceptionnel fonds Soulages. A découvrir une oeuvre par jour : après Pierre Soulages, Jean Fournier, Jean Bazaine et Jean Fautrier. Aujourd'hui Georges Mathieu

 Georges Mathieu réalise ses premières peintures à l’huile en 1942. Très marqué par les toiles de Wols, il monte en 1946 sa première exposition au “Salon des moins de trente ans” (Paris). En réaction violente contre l’abstraction géométrique, il organise en 1947 une série de manifestations en faveur d’un art libéré de toutes les contraintes et conventions classiques. Dès ses premières toiles, il exprime sa radicalité en écrasant directement la peinture sortie du tube sur le support, parfois au doigt. Il développe un style laissant libre cours au geste de l’artiste et souhaite rendre la spontanéité que l’art occidental avait perdue, inspirant à Malraux la formule de « calligraphe occidental ». Il part pour le Japon en 1954, où il reçoit un accueil triomphal. Dès 1959, des rétrospectives de ses oeuvres ont lieu dans les musées de Cologne, Bâle, Krefeld, Neuchâtel, Genève. à partir de 1962, persuadé de la nécessité de créer des harmonies plus heureuses entre l’homme et son milieu, il s’engage dans des actions sociales, notamment en faveur d’une éducation qui ne mettrait plus l’accent sur la raison au détriment de la sensibilité, ni sur le progrès économique au détriment du progrès de l’homme.

A partir de 1950, Mathieu donne à ses tableaux des titres qui font allusion à des évènements historiques, souvent médiévaux, qui sont toujours en rapport avec l’histoire des lieux où ils ont été réalisés. L’artiste peint cette toile en public devant les étudiants et les peintres de l’Académie de Düsseldorf. Il choisit son titre en référence à l’enlèvement, en 1062, de l’empereur d’Allemagne Henri IV par l’archevêque Anno II de Cologne à Kaiserwerth (Düsseldorf). D’après les journalistes également présents, le tableau aurait été achevé en une heure environ. L’enchevêtrement des traits est animé à ses extrémités par des boucles, des projections de matière liquide et des fils tombés du tube, sans doute lorsque le geste du peintre, pressant le tube, se retrouve suspendu pendant quelques secondes.

mathieu

L’abduction d’Henri IV par l’archevêque Anno de Cologne Georges Mathieu (1921), 1958, huile sur toile Fondation Gandur pour l’Art, Genève © ADAGP 2011 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève/ Photographie Sandra Pointet

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