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13/05/2012

Jean Cocteau au musée Fabre à Montpellier : une exposition à voir jusqu'au 2 septembre

cocteau, musee fabreLe musée Fabre de Montpellier Agglomération met à l’honneur aujourd’hui, en partenariat avec le centre de recherche Rirra21 de l’Université Paul-Valéry Montpellier III et grâce au soutien de la BU Lettres de Montpellier, de la DRAC et du Comité Cocteau, Jean Cocteau, unique et multiple, une exposition consacrée à cet artiste pour qui la poésie était au-dessus de tout. Du 12 mai au 2 septembre 2012, une sélection du fonds de l’Université Paul-Valéry, faite d’affiches, de dessins, livres illustrés, photos, manuscrits, objets, séquences de films inédites, est à découvrir dans la salle des modernes et la salle Jean Hugo du musée.
Cette exposition, préparée par des chercheurs du centre de recherche Rirra21, qui organisent régulièrement des actions autour du poète, et menée sous le commissariat des professeurs Pierre Caizergues et Christian Rolot, est soutenue par Pierre Bergé, Président du Comité Cocteau et titulaire exclusif du droit moral sur l’oeuvre de Jean Cocteau. Le fonds Cocteau de l’Université Paul-Valéry a été créé en 1989 à l’occasion du centenaire de la naissance du poète, et n’a cessé depuis lors de s’enrichir au point de devenir, avec ses quelque six mille trois cents pièces, l’un des fonds parmi les plus riches et les plus prestigieux sur Jean Cocteau et son époque.

                                                               Cocteau un artiste engagé

 

cocteau, musée fabre

À l’image convenue et malheureusement encore dominante d’un mondain superficiel et frivole, l’exposition du musée Fabre de Montpellier Agglomération et de l’Université Paul-Valéry oppose celle d’un artiste dont les valeurs et les engagements ont trop souvent été passés sous silence. Jean Cocteau, homme profondément enraciné dans son époque, intéressé par le sport, la mode et la publicité, les voyages et le paranormal, est engagé de surcroît dans la défense des grandes causes humanitaires : contre la peine de mort et le racisme, contre toutes les formes de dictature, aussi bien esthétiques qu’idéologiques.

                                                             Parcours de l'exposition

 

cocteau, musee fabre


 Les visiteurs découvrent successivement les grands donateurs du fonds Cocteau, notamment Édouard Dermit, relayé par Pierre Bergé, Président du Comité Cocteau et légataire exclusif du droit moral sur l’oeuvre du poète. Suivi des dons de Jean Marais, Lucien Clergue, Mireille Havet… et enfin, les plus récents comme la donation d’un important ensemble photographique provenant de la collection Kontaxopoulos- Prokopchuk, gardienne des archives de Pierre Chanel qui s’est toujours montré attentif à l’enrichissement et au rayonnement du fonds Cocteau.
La progression en trois zones :Tout d’abord une sélection de cent dix images, portraits photographiques de Cocteau parfois en compagnie de ses amis, depuis son enfance à Maisons-Laffitte, jusqu’à sa mort à Milly-la-forêt.

Zone 1 : chemins de vie.- Sont évoqués : les liens de Cocteau avec ses ami(e)s, comme son dialogue avec les écrivains (Genet, Radiguet, Geneviève Laporte) et les artistes proches de lui (Christian Bérard, Foujita, Georges Hugnet, Picasso pour se limiter aux figures les plus connues). Une place est faite également à deux moments et deux oeuvres majeures de Cocteau : Le Potomak qui marque sa véritable entrée en littérature et le ballet Parade où, en lien avec Picasso et Satie, il révolutionne en 1917 l’art de la danse. N’oublions pas l’apparition du Cocteau journaliste et la révélation du dessinateur dès 1914 avec la création du Mot où son rôle conjugué à celui de Paul Iribe est essentiel. Les numéros exposés montrent des dessins signés Jim non repris dans Le Potomak contrairement à la plupart de ceux que Cocteau a publiés dans Le Mot. La personnalité multiple du poète se révèle avec les photomontages inédits d’Harold, et sa défense de la photographie se donne à lire dans sa préface à l’album peu connu de Peter Reuter.

Zone 2 : présencee au monde .- C’est l’image d’un Cocteau ouvert et généreux qui est soulignée : sa défense constante de la jeunesse (jeunes revues, jeunes chanteurs, jeunes acteurs…), sa défense des valeurs humanitaires (Croix-Rouge, Paix du monde, amitié entre les peuples, prises de position contre le racisme, l’antisémitisme ou la peine de mort). Ses engagements contre les dictatures en Espagne, en Hongrie, en Grèce, trop rarement rappelés, sont également évoqués.
De nombreux domaines captent l’attention de Jean Cocteau, notamment les voyages (un tour du monde en 1936), la mode et la publicité, la chanson, la paralittérature (roman noir, roman policier, argot), le paranormal, les médecines parallèles et la création d’affiches. Le talent d’affichiste du poète éclate dans l’affiche Boléro, pièce de Michel Duran, créée aux Bouffes Parisiens en 1941.

Zone 3 : recréation et déploiement du mythe.- Le triptyque filmique autour d’Orphée est ici représenté par une série de photos de plateau inédites de Sacha Masour sur le tournage du Sang d’un poète, la brochure promotionnelle du film Orphée, le récitatif pour précéder Orphée, resté inédit, de Poulenc, le grand dessin, inédit lui aussi, de Bérard et enfin plusieurs photos de plateau du Testament d’Orphée.
Un rapprochement est réalisé entre l’histoire éternelle d’Orphée et Eurydice et celle de Stanislas et de La Reine dans L’Aigle à deux têtes dont le visiteur découvrira la belle brochure promotionnelle et plusieurs photographies de tournage peu connues et de cette autre histoire, en fait toujours la même, mais plus moderne, de Patrice et de Natalie dans L’Éternel retour. Les Enfants terribles La création et le déploiement d’un mythe véritablement personnel s’expriment avec Les Enfants terribles, successivement roman, album de dessins, film, pièce radiophonique dont le succès s’affirme à travers les éditions illustrées que l’oeuvre a suscitées et les innombrables traductions.

Pratique :

- Salle des modernes et salle Jean Hugo du musée Fabre de Montpellier Agglomération
-10h-18h du mardi au dimanche.
-Hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran 14h-18h du mardi au dimanche
- Tarifs : l’exposition est accessible avec le billet d’entrée aux collections permanentes Plein tarif : 6 € Pass’Agglo : 5 € Tarif réduit : 4 € Billet famille : 12 €. Entrée gratuite le premier dimanche de chaque mois.

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