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29/05/2012

Au musée Fabre deux Poussins en un : deux oeuvres majeures retrouvent leur unité d'antan

 

nicolas poussin, musée fabre

 Légende : Jean-Pierre Moure, Président de Montpellier Agglomération et Michel Hilaire, Directeur et Conservateur en Chef du Musée Fabre ont présenté aujourd'hui la restauration majeure d'un chef-d'oeuvre de Nicolas Poussin, réunifié pour la première fois depuis plus d'un siècle en un seul et même tableau. (Copyright Montpellier Agglomération

Après avoir dévoilée en juillet 2008, pour la première fois en France, la réunion des peintures de Nicolas Poussin Vénus et Adonis et Paysage au Dieu Fleuve grâce à un partenariat unique avec le Metropolitan Museum of Art de New York, Montpellier Agglomération a acquis, suite au décès de la galeriste Patti Birch, le Paysage au Dieu fleuve pour un montant de 1,8 M€.
Afin que ces oeuvres majeures retrouvent leur unité d’antan, Montpellier Agglomération a fait restaurer ces deux toiles pour un montant de 9 709,12 € HT. Cette oeuvre reconstituée intègre aujourd’hui les collections permanentes du musée Fabre au sein de la Galerie des Griffons dédiée aux grandes peintures religieuses et les paysages classiques français et italiens du XVII e siècle.
Les deux morceaux portaient depuis longtemps des titres différents : Vénus et Adonis pour l’un et Paysage au Dieu fleuve pour l’autre. Depuis qu’ils ne forment plus qu’une même oeuvre, celle-ci est intitulée : Vénus et Adonis. Vue de Grottaferrata, en référence au lieu réel qui a inspiré Poussin situé au sud de Rome. La réunion de ces deux toiles constitue un événement exceptionnel dans le monde de l’histoire de l’art permettant la renaissance fabuleuse d’un chef-d’oeuvre endormi depuis plus de deux siècles : Vénus et Adonis. 

 Histoire d'une restauration

L’oeuvre, a été coupée à la fin du XVIII e siècle : les deux parties ont subi des traitements différents, tant structurellement qu’esthétiquement. Elles sont rentoilées mais suivant des techniques bien distinctes (présence d’une gaze dans la partie Vénus et Adonis) et elles ont connu des conditions de conservation différentes.
Pour la réunification des deux parties, il a été décidé de coudre les deux toiles de rentoilage entre elles fil à fil et de poser un renfort en fibre de toile au niveau de la jointure. Ceci a permis d’assembler les deux supports et de les tendre sur un même châssis sans toucher aux rentoilages même partiellement. Cette intervention apporte plus de sécurité, plus de continuité structurelle et plus de satisfaction visuelle, et sera beaucoup plus durable dans le temps. La réunification proposée par les restaurateurs a permis d’aborder la restauration de la couche picturale comme une entité effective et non comme la juxtaposition des deux parties d’un diptyque. Une telle intervention ne trahit pas leurs histoires distinctes, puisque les deux moitiés restent sur leur support de rentoilage respectif et que le joint d’assemblage reste légèrement visible, comme la couture centrale d’une toile originale.

nicolas poussin, musée fabre

 

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