Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


02/07/2012

Daniel Buren, Ann Veronica, Janssens Mai-Thu Perret, Veit Stratmann, James Turrell, Felice Varini, Jessica Warboys marchent dans la couleur à Sérignan

Daniel Buren, Ann Veronica Janssens, Mai-Thu Perret, Veit Stratmann, James Turrell, Felice Varini, Jessica Warboys, présentent  "Marcher dans la coleur" au Musée régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon à Sérignan.
Cette exposition réunit plusieurs artistes internationaux de premier plan qui proposent une expérience de la couleur dans l'espace. Avec de nombreuses pièces produites ou réactualisées spécialement pour l’exposition. Une visite qui se révèle un grand parcours de sensations colorées. 
A voir  du 1er juillet au 28 octobre 2012. Vernissage aura lieu le samedi 30 juin.  


Daniel Buren Né en 1938 à Boulogne-Billancourt (France) - Vit et travaille in situ. En 1965, Daniel Buren met au point son « outil visuel » : des bandes verticales de 8,7 cm de large alternées blanches et colorées, répétant ses rayures à l'infini et sur tous les supports. Le choix d'un motif fabriqué industriellement répond à son désir d'objectivité. En 1966, Buren s'associe avec les peintres Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, avec lesquels il organise des manifestations très controversées, créant le groupe BMPT. Ce qui lie « BMPT » est la pratique commune de la répétition systématique d'un même motif, ainsi que la volonté de s'opposer radicalement à la scène artistique parisienne, très académique. Ce travail est l'occasion d'examiner non plus seulement les limites physiques de la peinture, mais également les frontières politiques et sociales du monde de l'art. Se posant toujours en théoricien de son propre travail, Daniel Buren accompagne toutes ses installations d'un descriptif, de notes explicatives : de l'emploi dans les premières toiles d'un tissu industriel constitué de bandes égales et verticales blanches, à l'utilisation de ce tissu comme lieu de l'inscription de la peinture, à la peinture comme non-lieu. Buren met très vite au point le concept de travail in situ, c'est-à-dire d'une intervention artistique intrinsèquement liée au lieu dans lequel le travail est programmé et réalisé. Buren procède toujours à une analyse du lieu en révélant ses particularités les plus significatives et les moins visibles. Buren parle lui-même « d'instrument pour voir », car paradoxalement, en se limitant à un motif unique, il parvient à un élargissement du champ visuel du spectateur. L'oeuvre révèle le lieu et ce lieu même la rend intransportable et donc éphémèreensations colorées qui invite le spectateur.

daniel buren

Daniel Buren, Photo-souvenir : Rotation, travail in situ, 2006. Vinyles colorés auto-adhésifs sur 46 fenêtres, dimensions variables. © Daniel Buren, Adagp. Collection Musée régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon, Sérignan. Photographie : Jean-Paul Planchon



 

Ann Veronica Janssens Née en 1956 à Folkestone (Royaume-Uni) - Vit et travaille à Bruxelles (Belgique). La pratique de l’artiste Ann Veronica Janssens pourrait se définir comme une recherche basée sur l'expérience sensorielle de la réalité. Par divers types de dispositifs (installations, projections, environnements immersifs, interventions urbaines, sculptures), Ann Veronica Janssens invite le spectateur à franchir le seuil d'un espace sensitif nouveau, aux limites du vertige et de l'éblouissement. Dans un registre inspiré de processus cognitifs (perception, sensation, mémoire, représentation), ses oeuvres tendent vers un certain minimalisme, soulignant le caractère fugitif ou fragile des propositions auxquelles elle nous convie. Spatialisation et diffusion de lumière, rayonnement de la couleur, impulsions stroboscopiques, brouillards artificiels, surfaces réfléchissantes ou diaphanes sont autant de moyens lui permettant de révéler l'instabilité de notre perception du temps et de l'espace. Les propriétés des matériaux (brillance, légèreté, transparence, fluidité) ou les phénomènes physiques (réflexion, réfraction, perspective, équilibre, ondes) sont questionnés avec rigueur dans leur capacité à faire vaciller la notion même de matérialité. « De façon générale, j’aime cette idée que l’on puisse convoquer et transporter la sculpture, la couleur ou la forme en soi sans qu’elle vous soit imposée par l’artiste. Mon intervention se limitant à créer des conditions minimum, presque rien, à leur expérimentation, chacun reste libre d’agir sur lui-même pour explorer et interpréter le sens de son expérience personnelle. » Ann Veronica Janssens.

ann veronica janssens

 Ann Veronica Janssens, Bluette, 2006. Brume et lumière artificielle, 120 cm de diamètre. Courtesy Air de Paris.



Mai-Thu Perret Née en 1976 à Genève (Suisse) - Vit et travaille à Genève. La production pluridisciplinaire de Mai-Thu Perret, artiste suisse d'origine franco-vietnamienne, se déploie à travers différents médiums aussi variés que la sculpture, la peinture, la vidéo, le son, mais aussi le texte ou même encore la céramique. Marquée par les mouvements avant-gardistes du XXe siècle et par les philosophies orientales, l'oeuvre de Mai-Thu Perret comporte de nombreuses références culturelles, historiques et littéraires. Elle a commencé sa carrière d'artiste à la fin des années 1990, après des études de Lettres à Cambridge tout en dirigeant l'Espace d'art contemporain Forde à Genève. Elle se fait remarquer sur la scène internationale avec son oeuvre The Crystal Frontier (1999), récit autour d'une communauté imaginaire de femmes qui se serait implantée dans le désert du Nouveau Mexique. Elle poursuit la chronique de cette communauté utopique depuis plus de dix ans en créant, pour donner corps à cette collectivité, un journal de bord et des objets qui appartiendraient à ces femmes. Dans son travail, Mai-Thu Perret se plaît à mêler fiction et réalité en glissant des références historiques et littéraires, pour brouiller les pistes et multiplier les interprétations. C'est par la fiction qu'elle revient sur le passé pour interroger le présent. À travers son travail, elle réfléchit à l'héritage de la pensée utopiste dans la société capitaliste contemporaine.

mai thu perret

Mai-Thu Perret, We, 2007. Techniques mixtes. Vue de l’exposition au Bonnefanten Museum, Maastricht, Pays-Bas, 2007. Courtesy de l’artiste & Bonnefanten Museum, Maastricht. FNAC 08-062, Centre national des arts plastiques.

 

Veit Stratmann Né en 1960 à Bochum (Allemagne) - Vit et travaille à Paris (France). La démarche de Veit Stratmann s’articule autour d’une réflexion sur l’espace et sur son utilisation. Ses oeuvres sont généralement en lien étroit avec les lieux où l’artiste est invité à intervenir. Leurs dimensions, la neutralité de leurs formes et de leurs couleurs, les matériaux utilisés, et leur positionnement dans des lieux de passage, donnent aux oeuvres de l’artiste l’apparence d’un mobilier urbain improbable qui engage le spectateur à s’interroger sur ses habitudes perceptives et à remettre en question son appréhension physique de l’espace : « la question des dimensions du corps humain est partout dans ce que je fais, en plus de très fortes références aux normes architecturales. J’utilise des codes comme des informations envoyées au spectateur, des invitations à une action possible ». Car le geste, l’expérience physique du franchissement correspondent, selon l’artiste, à une sorte d’engagement de la part des spectateurs. Les notions liées à l’idée de limites, de frontières et de leur franchissement sont récurrentes dans son travail et le comportement du visiteur y devient déterminant

 

veit stratmann

 Veit Stratmann, Un Sol parisien / A Paris floor, 2010. Moquette, cornières d’aluminium, dimensions variables. Vue de l'exposition « Un Sol parisien / A Paris floor », Galerie chez Valentin, février-mars 2011. Courtesy Galerie chez Valentin. Photographie : Florian Kleinefenn

 

James Turrell Né en 1943 à Los Angeles (USA) - Vit et travaille à Flagstaff en Arizona (USA) et en Irlande. Né dans une famille quaker d'origine franco-irlandaise, son médium de prédilection est la lumière. Depuis la fin des années 60, les installations de James Turrell, appelées aussi « environnements perceptuels », sont réalisées à partir d'un seul matériau : la lumière, naturelle ou artificielle. Mis à part les dessins et les plans qui accompagnent ses oeuvres de plus grande envergure, sa production ne comporte ainsi aucun objet en tant que tel. Ses interventions, ses installations « en chambre » ou à ciel ouvert, procèdent toutes d’une quête artistique qui déstabilise nos relations au réel. En manipulant la lumière, James Turrell sollicite les sens, il se joue de la perception du spectateur, il la bouscule, la trompe : « La lumière m'intéresse en fait comme la révélation même, je ne suis pas un artiste de la lumière, je suis plutôt quelqu'un qui utilise la lumière comme matériau afin de travailler le médium de la perception. » Entre ses mains, la lumière prend une extraordinaire matérialité. Il créé des espaces fictifs, troublants et fascinants.
 

james turrell

James Turell, Red eye, 1992. Installation appartenant à la série des « Wedgeworks ». Tubes fluorescents rouges et bleus, blanc de Titane, placoplâtre. © Collection macLyon © Blaise Adilon
 

Felice Varini Né en 1952 à Locarno (Suisse) - Vit et travaille à Paris (France). S’articulant autour du traitement de l’espace, de l’architecture et de la perception visuelle, le travail de l’artiste suisse Felice Varini prend généralement une forme spectaculaire. Souvent associées à des lieux anciens à l’architecture affirmée ou à des espaces extérieurs, les formes géométriques colorées qu’il peint sont conçues pour être appréhendées selon un point de vue bien précis. « L'espace architectural, et tout ce qui le constitue, est mon terrain d'action. Ces espaces sont et demeurent les supports premiers de ma peinture. J'interviens dans un lieu chaque fois différent et mon travail évolue en relation aux espaces que je suis amené à rencontrer. En général je parcours le lieu en relevant son architecture, ses matériaux, son histoire et sa fonction. À partir de ses différentes données spatiales je définis un point de vue autour duquel mon intervention prend forme. J'appelle point de vue un point de l'espace que je choisis avec précision : il est généralement situé à hauteur de mes yeux et localisé de préférence sur un passage obligé, par exemple une ouverture entre une pièce et une autre, un palier... Je n'en fais cependant pas une règle car tous les espaces n'ont pas systématiquement un parcours évident. Le choix est souvent arbitraire. Le point de vue va fonctionner comme un point de lecture, c'est à dire comme un point de départ possible à l'approche de la peinture et de l'espace. La forme peinte est cohérente quand le spectateur se trouve au point de vue. Lorsque celui-ci sort du point de vue, le travail rencontre l'espace qui engendre une infinité de points de vue sur la forme. Ce n'est donc pas à travers ce point de vue premier que je vois le travail effectué ; celui-ci se tient dans l'ensemble des points de vue que le spectateur peut avoir sur lui. Si j'établis un rapport particulier avec des caractéristiques architecturales qui influent sur la forme de l'installation mon travail garde toutefois son indépendance quelles que soient les architectures que je rencontre. Je pars d'une situation réelle pour construire ma peinture. Cette réalité n'est jamais altérée, effacée ou modifiée, elle m'intéresse et elle m'attire dans toute sa complexité. Ma pratique est de travailler ici et maintenant. » Felice Varin

felice varini

Felice Varini, horizontale, verticale, Sérignan, 2012. Production Musée régional d'art contemporain Languedoc-Roussillon, Sérignan. Photographie : Jean-Paul Planchon
 

Jessica Warboys Née en 1977 à Newport (Royaume-Uni) - Vit et travaille à Londres (Royaume-Uni) et Paris (France). Montagne, soleil, galaxie, créatures du passé, poésie, tous ces éléments se rencontrent et travaillent ensemble. Ombres et rideaux sont des personnages. Le coeur a un langage ; le rythme fait couler l’encre. Une chose est certaine, une autre profondément précaire. Toutes ces pistes convergent pour former une histoire, et vous pénétrerez l’univers de Jessica Warboys. Souvent, elle parvient à capturer les forces invisibles qui fluctuent entre les aspects les plus intimes de l’ego et les territoires extra-humains. Récemment, elle a mis à contribution la mer et le soleil sur une série de toiles grand format. Pour réaliser ses Sea paintings, elle immerge la toile dans la mer, permettant ainsi aux vagues et au vent de traverser les pigments appliqués à la main, laissant la trace de leur mouvement. Dans ses cyanotypes/photogrammes, le négatif de l’image est constitué par l’ombre laissée par différentes formes placées momentanément sur des toiles photosensibles exposées au soleil. Sa manière de représenter des images à la lisière du concret et de l’éphémère fait que ses films et ses constellations d’objets sont habités à la fois par des motifs hautement complexes et des formes visuelles très simples. Dans son oeuvre, elle prolonge le passage nécessaire à la transformation d’une chose en une autre. Au cinéma, comme dans la magie, une simple coupe nous occulte ce mouvement : dans les films de Jessica Warboys, il nous est permis de suivre le processus de transformation. Grâce à cette particularité, la plus grande des transformations se déroule dans notre propre perception et notre propre attente.

jessica  Warboys

Jessica Warboys, Ocean Painting, Portmain, 2010. Collection du Frac des Pays de la Loire, oeuvre produite par le Frac des Pays de la Loire dans le cadre des Ateliers Internationaux. Photographie : Vaida Budreviciuté.

Les commentaires sont fermés.