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13/07/2012

Jean Millon, et une "Rencontre" à Castelnau-le-Lez (Arpac)

L'association régionale pour l'art contemporain (Arpac) présente à Castelnau-le-Lez (511 route de la Pompignane "Rencontre", une exposition (Encres et papier de riz) de Jean Millon. Exposition à voir jusqu'au 28 juillet de 15h à 19h. Fermé le lundi.

"Lorsque la parole se tait, parle le silence. Il faudrait écouter la lumière il faudrait écouter le papier et l’encre et les scintillements de l’encre, écouter le brillant et le mat; les reliefs infimes du papier de riz qui courent dans la lumière rasante du couchants; la-tache de teinture brune dont le dessin aléatoire se conjugue à la volonté du trait. Il faudrait écouter le mouvement infime de l’air qui circule quand on passe, celui d’une fenêtre entrouverte, jouant à déplacer la trame de l’ombre. Ecouter les ondes brisées d’une musique intime, qui sourdent à travers les torsades dressées comme des roseaux calcinés dans des chemins de vent; ou celles d’un ruisseau de lignes ondulantes glissant au milieu de la feuille blanche, sous la passerelle des fines cordelettes de papier végétal, multipliées par leurs ombres mouvantes. Silence. Silence plein d’un recueillement heureux, la sérénité blanche des nervures d’une vaste feuille de ginko fossile, fondue dans l’ivoire du papier de riz qui épouse les inflexions de la lumière. De grandes fleurs fragiles, froissées comme de jeunes pavots, s’inclinent hors du tableau, translucides et pâles autour de leur coeur de lavis. Ou bien le silence saisi par le vif, la vision d’une course d’hippocampe, la danse violacée d’une amibe abyssale échevelée ou celle de Ces poissons minuscules qui dévoilent les entrailles de leur corps dont est bannie l’opacité... Juxtaposition de choses infimes, innommables et pourtant familières. Infinie subtilité des entrelacs où se tissent ensemble le trait, l’ombre et la matière. Le temps qui, de la nuit au couchant, passe dans la trame et le mouvement des ombres ne laisse aucune trace. Il n’enlève rien à l’oeuvre, il l’enrichit. Et, dans l’abstraction des images, chaque instant leur est éternité... L’imaginaire peut s’accrocher à tous les plis du papier, aux encres, aux matières naturelles et savantes, aux taches fortuites qu’intègre le regard du peintre. Dans la transparence, les rayons recomposent à l’envers de la feuille une autre idée, une autre image, une autre énigme, la liberté de voir ce qui ne se donne pas à voir. Mais, plus encore: chaque tableau, tout en longueur ou dans l'équilibre du carré, porte le bonheur d’une harmonie très pure qui ne demande pas de noms. Comme une paix entre l’esprit et la matière" un joli texet de Geneviève Brun sur l'oeuvre de Jean Millon.

 

jean millon


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