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04/10/2012

Pour Luc Dubost, sculpter fait partie ddu Bonheur

 Dans le cadre de ses expositions «Beyond the walls», la Galerie Gourvennec Ogor de Marseille présente l’exposition de Luc Dubost : "72%", à la Savonnerie du Fer à Cheval. L’exposition ouvrira le mardi 9 octobre. Vernissage de 18 à 21 heures en présence de l’artiste, et sera visible jusqu’au 23 novembre.

 Le savon onctueux, malléable, va recouvrir l’âme de bois, et par là même, les incisions, les griffures, les lacérations qui ornaient leur surface. Si ces entailles agressives étaient de l’ordre d’une maltraitance  le savon qui est un antiseptique agirait sémantiquement comme un onguent réparateur. Il laverait les blessures faites par la tronçonneuse, il désinfecterait les plaies.
Luc Dubost ne nous dit-il pas : « je panse mes plaies donc j’existe ». Mais il nous avait dit aussi que son action, telle une urgence de création, un empressement jouissif à « faire », était de l’ordre de la recherche du bonheur, du bien être, dont il en voit la fin lorsque l’épuisement le fait lâcher prise : « À la fatigue, j’arrête, épuisé comme dans le sport : sculpter pour moi fait partie du bonheur ».
Une fois dépossédé de ce trop plein d‘énergie sublimé dans la sculpture, il peut se placer en une reconquête de la forme et poursuivre l’aventure, ainsi qu’il me le précise : « une aventure qui serait comme la marche : sans enjeux ».
Si ce n’est celui d’être bien... Ce deuxième volet de l’histoire de ses sculptures, c’est l’habillage de savon. En 2004 il écrivait à propos de ses sculptures « fonctionnelles » en béton représentant des mouton-lampe, mouton- repose fourchette, mouton-parasol, et des moutons-étendage : « L’étendage c’est le Sud, le soleil, le vent sec qui fait claquer le linge humide (...)
Dans notre région c’est l’intérieur qu’on expose dehors. C’est un peu d’intimité qu’on offre aux regards des gens, c’est montrer aussi qu’on est propre, qu’on a bien fait la lessive... » Près de 10 ans plus tard le savon vient s’étendre sur les épaules de ses personnages pour laver les blessures de la tronçonneuse. Le savon gardera ses deux couleurs originelles : le marron-vert et le blanc, ou s’animera de couleurs franches et acidulées.
Ses personnages sont comme figés dans un mouvement, une sorte d’instantané photographique. Ce qui leur donne leur singularité, et pour tout dire leur étrangeté, c’est leur association avec des objets incongrus. Une femme toute de savon blanc, dont les pieds sont prisonniers dans du plâtre remplissant une brouette de chantier regarde au loin à travers des jumelles...

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