Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

25/10/2012

"Automne japonais" à Nîmes : Shigeru Mizuki, l’ambassadeur des yôkaï

shiguri mizukiLe Carré d'Art à Nîmes présente du 23 octobre au 4 janvier, "Automne japonais" : toute une série d'animations dédiée à la culture manga. Avec expositions : "Clamp, les reines du manga" du 23 octobre au 5 janvier (Voir notre  article d'hier) et "Shigeru Mizuki, l’ambassadeur des yôkaï", du 23 octobre au 17 novembre.

Un parcours autour des images les plus célèbres de Shigeru Mizuki à découvrir à Carré d’Art Bibliothèque et à la Médiathèque Marc Bernard. Rétrospective de sa vie, de son oeuvre, au travers de planches, d’illustrations couleur, de dessins et de photographies. Une place de choix est réservée aux yôkaï, monstres et esprits des contes et légendes populaires, si chers à l’auteur et à son personnage fétiche « Kitaro le repoussant ».
Initié dès son plus âge par une domestique appelée NonNonBâ - littéralement vieille femme religieuse - Shigeru Mizuki ne quitte jamais vraiment le monde des esprits. Mobilisé en 1943, il perd son bras gauche sur le front du Pacifique et garde de son expérience de la guerre un farouche antimilitarisme.
Si son premier titre, en 1957, est 'Rocket Man', c'est en initiant puis en popularisant le genre du yôkaï manga qu'il se fait connaître.
Véritable encyclopédie, c'est en mettant en scène ces esprits du folklore japonais qu'il s'impose comme l'un des maîtres du manga d'horreur. Référence unanimement reconnue au Japon, son oeuvre débarque en France en fin 2006. 'NonNonBâ', '3, rue des mystères' et son célèbre 'Kitaro le repoussant', sortis au pays du soleil levant dans les années 1960, permettent de découvrir l'oeuvre majeure de Shigeru Mizuki, explorateur du surnaturel mais aussi de l'âme humaine.

shigeru mizuki

 

24/10/2012

"Automne japonais" : "les reines du manga" à Carré d'art à Nîmes

clamp

Le Carré d'Art à Nîmes présente du 23 octobre au 4 janvier, "Automne japonais" : toute une série d'animations dédiée à la culture manga. Avec expositions : "Clamp, les reines du manga" du 23 octobre au 5 janvier (notre article d'ajourd'hui) et "Shigeru Mizuki, l’ambassadeur des yôkaï", du 23 octobre au 17 novembre (Article de demain).

 

L'exposition consacrée à l’un des phénomènes éditoriaux les plus singuliers et les plus séduisants de la planète manga : le groupe Clamp. Clamp est un collectif féminin, une des signatures de référence de la bande dessinée japonaise contemporaine.
L’histoire du groupe commence à la fin des années quatre-vingt avec un groupe de douze jeunes dessinatrices qui produisent leurs premiers récits amateurs. Clamp prend la forme définitive d’un quatuor développant une expérience originale de partage des tâches et de travail en commun: Ageha Ohkawa (scénariste et porte-parole du groupe), Mokona (dessinatrice principale), Satsuki Igarashi (trames et dessin), Tsubaki Nekoi (dessin et super deformed, ces images humoristiques par lesquelles les auteurs japonais adressent des clins d’oeil à leurs lecteurs).
La production du groupe devient vite pléthorique, les séries s’enchaînent allant de la romance à la science-fiction en passant par le polar ou le fantastique. Jouant sur l’ambiguïté morale des personnages et les univers fantastiques, les récits de Clamp, dont les protagonistes se croisent parfois d’une série à une autre dans de subtils crossover faisant le bonheur des fans, explorent aussi bien les thèmes de la destinée et de l’amour contrarié, que, plus généralement, les tourments de l’adolescence.

                     Le groupe Clamp est composé de quatre membres:

clamp,carre d'art,nimes

 

Nanase Ōkawa, née le 2 mai 1967, est le leader du groupe. Elle s'occupe des scénarios, définit les grands traits des personnages et le nombre de pages nécessaires pour développer l'intrigue.

Mokona, née le 16 juin 1968, est la dessinatrice principale sur la majorité des séries.

Tsubaki Nekoi, née le 21 janvier 1969, est la dessinatrice spécialisée dans les SD (Super Deformed : les fameuses petites caricatures des personnages), et auteur des minijournaux présents à la fin de certains mangas (RG Veda, Clamp School Detectives, etc.). Elle est la dessinatrice principale de certaines séries (Celui que j'aime, Wish, J'aime ce que j'aime et Lawful Drug).

Satsuki Igarashi, née le 8 février 1969, s'occupe des trames et du design des livres reliés. Elle est aussi éditorialiste dans le magazine Newtype de Kadokawa.

 

clamp

 

 

11/10/2012

"Les mondes parallèles" d'Eija-Liisa Ahtila au Carré d'art à Nîmes

eija liisa ahtila, carre d'art, nîmes

Exposition d'Eija-Liisa Ahtila du 12 octobre au 6 janvier à Carré d'art à Nîmes. Vernissage ce soir jeudi 11 octobre à 19h. Cette exposition, intitulée "Les mondes parallèles", présente six grandes installations vidéos de l’artiste, dont deux nouvelles.

Eija-Liisa Ahtila fait partie des artistes contemporains scandinaves les plus reconnus. Depuis les années 1990, elle est une des pionnières en matière d’installations cinématiques. Les oeuvres d’Eija-Liisa Ahtila sont une réflexion sur les frontières et les limites, questionnent et explorent les conventions du langage cinématographique tout en défiant ses perspectives habituelles. Sa position dans le monde du cinéma s’est clarifiée aux yeux du grand public après qu’elle a fait partie du jury long-métrages au Festival de Cinéma de Venise en 2011.
Le travail de Eija-Liisa Ahtila est centré sur la représentation d’états paranormaux. Ses œuvres sont, comme dans la tragédie antique, des drames humains où s’expriment les fortes émotions ressenties par ses personnages.
Ceux-ci glissent entre passé et présent. Ahtila établit un contraste entre le fort réalisme de l’image filmique et l’incarnation des états de conscience de ses personnages, faisant l’hypothèse d’un réel où se superposent de multiples niveaux.
Présentées comme des installations multi écrans, ses œuvres transmettent une attention particulière à la couleur qui n’est pas sans rappeler la peinture. Sa dernière œuvre évoque l’Annonciation et s’inspire de l’iconographie de la Renaissance qu’elle transpose à la période contemporaine et fait interpréter par des comédiennes amateurs. Née en 1959 en Finlande, Eija-Liisa Ahtila est représentée par la galerie Marian Goodman, New York et Paris.

Pratique :
-
Ouvert du mardi au dimanche inclus de 10h à 18h
-  Carré d’Art–Musée d’art contemporain, place de la Maison Carrée, Nîmes
- Tél : 04 66 76 35 70
- Tarifs Individuels : tarif plein : 5 € Groupes; Tarif réduit : 3,70 € (groupes à partir de 20)

eija liisa ahtila, carre d'art, nîmes

eija liisa ahtila, carre d'art, nîmes

eija liisa ahtila, carre d'art, nîmes

05/06/2012

Vera Lutter : le surprenant et monumental ying et yang de la célèbre photographe allemande à Nîmes (Carré d'art)

vera lutterLe Carré d’Art-Musée d’art contemporain de Nîmes organise cet été (Du 6 juin au 16 septembre) une exposition monographique consacrée au travail de l’artiste allemande Vera Lutter. Ce sera sa première exposition muséale en Europe depuis l’exposition organisée par le Kunsthaus de Graz en 2004. Vernissage ce soir mardi 5 juin à 18h30. 

vera lutter, carre d'art, nîmesL’exposition de Vera lutter présente un ensemble important d’une vingtaine de grandes oeuvres photographiques réalisées entre 1997 et 2011 : deux nouveaux projets, One Day, une installation vidéo sonore et Albescent, un ensemble de quinze tirages numériques grand format de la lune seront tous deux exposées pour la première fois.
Le travail de la photogropahe allemande a pris sa forme actuelle vers 1993-94 quand elle a déterminé les conditions de prise de vue de ses grands tirages uniques gélatino-argentiques en utilisant une chambre ou un container comme camera obscura.
vera lutter, carre d'art, nîmesLes images en négatif qui en résultent sont impressionnantes par leur force descriptive bien qu’elles dématérialisent tout ce qui se passe dans la chambre noire. Lutter a étudié la sculpture à l’Académie de Munich et ne se considère pas comme une photographe même si elle ravive l’une des plus anciennes techniques de cette forme artistique.
Ses images transforment la nature même de ce qu’elle capte de sites quotidiens dans une pure perception d’un temps suspendu, étiré. Linger On est la première pièce visible dans l’exposition de Vera Lutter à Carré d’art à Nîmes.
Cette photographie d’un zeppelin, placée transversalement dans l’espace d’une salle, est reportée sur un plan de plexiglas translucide. La photographie originale utilisée pour l’installation a été réalisée en 1999 et apparaît comme l’image intemporelle d’un hangar dans lequel le gros volume primitif du zeppelin est suspendu comme dans un mouvement arrêté.
La partie historique de l’exposition suit le développement du travail de l’artiste depuis le milieu des années 90 et s’organise autour de quatre groupes : les vues architecturales et urbaines, les sites industriels, Venise, et les oeuvres auto réflexives plus conceptuelles où l’artiste installe certains tirages dans l’environnement même où ils ont été réalisés, entraînant une perturbation de l’espace et une mise en abîme.
vera lutter, carre d'art, nîmesCet ensemble sera encadré par la projection de One Day en deux parties : la première salle de l’exposition présente les huit premières heures du jour, alors que la dernière présente les huit dernières. One Day, est un film de 24 heures d’un paysage avec un plan fixe. Un enregistrement précis des sons de la nature accompagne l’image et rend évidente l’évolution de la lumière durant une journée d’été. Il s’agit de la première pièce vidéo de l’artiste.
Dans Albescent, Vera Lutter a entrepris une suite de photographies de la lune à différents moments de son cycle dans sept villes. Ici le temps d’exposition est très court, parfois pas plus d’un quart de seconde. Comme Vera Lutter en fait elle-même la remarque, elle rejoint dans cette série l’instantanéité qui est à la base de l’histoire de la photographie. Déviant de son procédé photographique analogique, ici Lutter utilise un appareil numérique pour enregistrer les phénomènes naturels. Ces oeuvres évoquent l’origine de la lumière et le rôle que la lumière prend dans la création de la notion du temps et la conception de l’image tangible.

Pratique :
- L’exposition est accompagnée d’un catalogue bilingue français-anglais, édité avec Hatje Cantz. Il comporte des textes de Françoise Cohen, commissaire de l’exposition, Douglas Crimp, Steven Jacobs, Gertrud Koch. 144 pages, et environ 80 reproductions. Carré d'Art
- Musée d'art contemporain ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h. Entrée: 5 euros, tarif réduit: 3,70 euros

10/02/2012

Nîmes : "Les études et les ombres" de Marks Manders à Carré d'art

 

mark manders

Le Carré d'art à Nîmes présente "Les études et es ombres", premère exposition monographoqie de Mark Manders. A voir jusqu'au 13 mai.

Artiste néerlandais, Marks Manders vit et travaille à Arnhem (Pays-Bas) et Ronse (Belgique). Depuis la fin des années 80, il a développé un travail où chaque oeuvre est le fragment de ce qu’il décrit comme Self-portrait as a building.
Ce projet toujours en cours trouve son origine en 1986, deux ans avant de commencer ses études à la Hogescholl voor de Kunsten à Arnhem. Ce concept devait être à l’origine un livre sans commencement ni fin, il choisit finalement le langage plus abstrait des arts visuels.
Malgré l'idée de faire un autoportrait, les similitudes autobiographiques et visuelles évidentes avec la personne de Mark Manders sont manquantes. Le Mark Manders dans cette oeuvre est en fait un personnage créé, qui vit dans un monde logiquement conçu et construit. Les installations sculpturales sont plutôt des « espaces de mémoire » dans lesquels les pensées et sentiments de son alterego sont matérialisés. Les cheminées d’usines et les machines silencieuses, les meubles fabriqués, les sculptures en bronze d’animaux ou de fragments de figures humaines, les dessins et objets de tous les jours sont des étapes dans les pièces de cet autoportrait en pleine expansion.
 L’exposition présentée à Carré d’Art, "Les études d’ombres", montre une approche de la diversité et de l’unité, de variété de matériaux et dimensions, du bureau au sachet de thé, de la construction d’une cheminée en briques aux objets trouvés préfabriqués, tout est relié à la recherche contemporaine.
Le catalogue est édité avec Roma Publications. Il comporte un texte de Sylvie Coëllier.
Pratique :
- Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.
- Entrée: 5 euros, tarif réduit: 3,70 euros
- Tél : 04 66 76 35 77 - Fax : 04 66 76 35 85
- Place de la Maison Carrée, Nîmes.   

mark manders, carré d'art, nîmes

mark manders, carré d'art, nîmes

 

 

 

 

 

 mark manders, carré d'art, nîmes

05/11/2011

Nîmes : toute la richesse d'un "art pauvre" au Carré d'art

 Le Carré d'art à Nîmes présente une exposition sur "l'art pauvre".  Huit sculpteurs à l'affiche. A voir jusqu'au 15 janvier
Si l’appellation d’art pauvre (Arte Povera) désigne un mouvement artistique italien des années 60, elle peut aussi être considérée comme une attitude dont la présente exposition cherche la pertinence à une époque de surproduction des objets et des images, où la valeur marchande de l’art est souvent soulignée.
Les huit artistes présentés sont sculpteurs : Karla Black (Ecosse), Katinka Bock (France-Allemagne), Abraham Cruzvillegas (Mexique), Thea Djordjadze (Géorgie-Allemagne), Gabriel Kuri (Mexique- Belgique), Guillaume Leblon (France), Gyan Panchal (France), Gedi Sibony (Etats-Unis).
Tous  portent une attention particulière au matériau dans une démarche ouverte qui lie fortement l’oeuvre tant à l’implication physique de l’artiste qu’au lieu qui l’accueille. Privilégiant souvent l’improvisation, ces artistes choisissent des matériaux à portée de main : le polystyrène expansé, le plâtre, les produits de maquillage, le terreau, les tickets de caisse, le polyane, les chutes de contreplaqué ou de medium, souvent des matériaux d’emballage ou des fournitures trouvées à l’atelier.
"Pour un art pauvre" réunit des oeuvres récentes et pour la plupart des réalisations conçues spécifiquement.
Pratique:
-Jusqu'au 15 janvier
- Horaires d'ouverture : Tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.
-  Entrée : 5€, réduit 3,70€
- Plus d'informations : Carré d’art,  Musée d’art contemporain : Tél : 04 66 76 35 70

 

karla balck

Karla Black:  Division Is, 2010 papier, peinture, polystyrène, fond de teint, 145 x 260 x 70 cm. © K. Black Thea

katinka bock 

Katinka Bock, Geschwister, 2009-2010 céramique, dimensions variables. © K. Bock

 

THEA DJORDJADZE

Thea Djordjadze: Casualities, 2011 technique mixte, dimensions variables. ©  

 

ABRAHAM CRUZVILLEGAS 

AbrahamCruzvillegas. Autoportrait detumescent et postkeynesien, nostalgique du sexe matinal en prenant un café serré avec du sucre (et un petit chocolat), 2011, technique mixte, 250 x 746 x 50 cm. © A. Cruzvillegas

guillaume leblon 

Guillaume Leblon.  Ottoman, 2010 paille, plâtre, argile, sable et vêtements, 200 x 80 x 35 cm. © G. Leblon

gyan panchal

 

Gyan Pancahal  Smeneumi, 2011 polystyrène extrudé, argile, dimensions variables. © G. Panchal

 

gedy siboni 

Gedi Sibony. The Predicament (What Is It That Ceases), 2010, technique mixte, dimensions variables. © G. Sibony

15/05/2011

Larry Bel au Carré d'Art à Nîmes : des oeuvres uniques d'un "inventeur" de génie

 larrybelconrad Hawk 1961.jpg                                                                                                                                                                 Larry Bel expose ses oeuvres au Carré d'art, musée d'art contemporain de Nîmes. Une présentation choix d'oeuvres uniques. A voir jusqu'au 22 mai. 

L’accrochage met en perspective l’oeuvre de Larry Bell aujourd’hui, d’un point de vue historique et avec la volonté d’en permettre une expérience sensible. Le parcours est à la fois chronologique et thématique, articulé à partir de pièces essentielles et de quatre environnements forts qui donnent un éclairage nouveau sur le travail. Bien plus que l’artiste qui fait des cubes en verre, Larry Bell est un inventeur de génie, qui a su créer, à partir des matériaux de son époque : le verre des architectures et des miroirs, les caméras et appareils photos, la science-fiction et l’électricité, un univers magique, drôle et intelligent, un art de l’illusion utilisant les technologies les plus savantes, avec l’élégance de nous faire croire que c’est simple…
Grâce à la confiance de l’artiste et de grandes institutions, un choix exceptionnel d’oeuvres uniques, qui pour la plupart sont montrées pour la première fois en Europe ou dans un musée, donnent à voir un parcours toujours guidé par la recherche visuelle et plastique.
Dès le début de l’exposition, le visiteur découvre une simple horloge, comme celle d’une gare, un objet banal que l’on ne regarde pas ; d’ailleurs, est-ce une oeuvre d’art ? Simplement, à certains moments, les aiguilles deviennent folles, perdent la mesure du temps et tournent de façon accélérée… En face, un costume d’homme est accroché sur un simple cintre de fer. En drap de laine, de teinte grisée, il semble empesé. Si l’on s’approche, on note qu’une épaisse poussière couleur de rouille le recouvre, tandis que ses contours sont bordés de silicone.
L’oeuvre de Larry Bell s’ancre dans une recherche sur la couleur et la lumière glissant sur lasurface, d’abord du papier puis de la toile, ensuite du verre.

 

 

vcm_s_kf_repr_532x205.jpg

 

Pratique:
-
Ouvert du mardi au dimanche inclus de 10h à 18h
- Place de la Maison Carrée - 30000 Nîmes
- Tél : 04 66 76 35 70 - Fax : 04 66 76 35 85

13/11/2010

Pedro Cabrita Reis au Carré d'art de Nîmes : tubes, néons, fenêtres... l'art avec du quotidien

etoile4.gif

etoile4.gif

etoile4.gif

etoile4.gif

etoile5.gif

 

pedro Arte der Schweiz, 2001.jpgLe Carré d'art à Nîmes présente jusqu'au 23 janvier un des plus importants artistes portugais. Il s'agit de Pedro Cabrita Reis. Les principaux matériaux utilisés par cet artiste  viennent de l'architecture : tubes néons, portes, éléments de fenêtres et de façades, câbles électriques.  Composée à partir d'une trentaine d'oeuvres pour la plupart issues de l'atelier ou des collections portugaises, cette exposition monographique établit clairement le dialogue d'une technique à l'autre : de la sculpture à la photo, du dessin à la peinture tels qu'il s'établit dans les deux dernières décennies de son travail.

pedroOs últimos 1, 1999.jpgS'il utilise incontestablement l'espace tridimensionnel, Pedro Cabrita Reis n'est pas seulement sculpteur. Le catalogue qui accompagne l'exposition se répartit en grands domaines : dessin, peinture, photographie, sculpture. L'oeuvre peut à juste titre convoquer tour à tour chacune de ces catégories car les tubes fluorescents, l'un des matériaux de prédilection de l'artiste, s'ils font naître un halo de lumière, déterminent une ligne comme celle que le crayon trace sur la feuille. Les cadres de façades en aluminium, le plâtre, les panneaux de verre securit, les briques, le simple câble électrique, tous ces matériaux concourent à un système de représentation sans rien perdre de leur mystérieuse quotidienneté d'objet, brouillant la limite entre intérieur et extérieur, entre construction et objet.

pedro Olhar, olhar sempre, 2000.jpgL'exposition à Carré d'Art rassemble vingt-trois oeuvres datées des dix dernières années. A Nîmes, Pedro Cabrita Reis s'approprie l'espace dès l'escalier monumental dont les murs sont peints en orange, une couleur rare, abstraite car difficile à associer aux éléments naturels du paysage. En 2009, le travail de Pedro Cabrita Reis a été très remarqué par ses deux installations dans le cadrede la Biennale de Lyon, notamment à l'Entrepôt Bichat. Loin de la mélancolie de ce lieu désaffecté, l'exposition de Nîmes confronte cette oeuvre à l'abstraction de la salle blanche de musée. L'exposition remodelée dans chacune de ses présentations, apparaît comme une succession d'actions qui mettent en tension l'espace. A plusieurs reprises dans le parcours s'effectue un retournement : de l'oeuvre comme volume autonome dans l'espace, à l'espace devenu oeuvre.
Presque minimaliste par l'utilisation de poutres, de cadres en aluminium, symbole de l'architecture moderne, presque Arte Povera par l'utilisation d'éléments quotidiens, portes, fenêtres, chaises patinées par le temps, l'oeuvre de Cabrita Reis rajoute une voix singulière à cette histoire de l'art récente. Elle porte aussi une empreinte méditerranéenne et les traces d'une pensée ancienne dont l'homme est le paradigme. Attention, l'oeuvre n'est pas pour autant confortable. La complexité des reflets et des faux espaces suscités par l'utilisation de vitrages peut parfois confronter le visiteur à un monochrome presque mutique.
Pedro I dreamt your house was a line, 2003.jpgLes titres travaillés, souvent poétiques, formulés dans de multiples langues, portugais, français, anglais..., développent ce lien au lieu et au territoire, en écho également à la carrière de l'artiste qui a dû inclure le mouvement de la périphérie vers le centre, question impossible à éluder pour la première génération d'artistes de la démocratie portugaise. En contraste avec cette géométrie poétique, Muito Tempo, 1989, l'oeuvre la plus ancienne de l'exposition joue le rôle de point d'origine : la marque de l'informe.
Pedro Cabrita Reis est né en 1956 à Lisbonne. Il vit et travaille dans cette ville. Ayant reçu une large reconnaissance internationale, il a participé à de nombreuses et importantes expositions internationales. Entre autres, il a exposé à Documenta IX Kassel en 1992, aux 22e et 24e Biennales de São Paulo en 1994 et 1998, à la section Aperto de la Biennale de Venise en 1997. En 2003, il a représenté le Portugal à la Biennale de Venise.

 

Pratique:
-Jusqu'au
au 23 janvier 2011
-
Carré d'Art - Musée d'art contemporain ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.
- 5 euros, tarif réduit: 3,70 euros
- Place de la Maison Carrée
30000 Nîmes

Crédits Photos :  Os últimos 1, 1999,  José Manuel Costa Alves,  Olhar, olhar sempre, 2000   Photo Paolo Pellion, Arte der Schweiz, 2001,  PCRSTUDIO / Tania Simões;  I dreamt your house was a line, 2003, Collection de l'artiste

16/09/2010

Carré d'art : l'exposition Gérard Gasiorowski prolongée jusqu'au 10 octobre

gasiorowski-.jpgLe Carré d'Art, musée d'art contemporain de Nîmes propose, quinze ans après le Centre Georges Pompidou, une nouvelle rétrospective dédiée à l'oeuvre de Gérard Gasiorowski (1930-1986). Son oeuvre est emblématique de la peinture en France dans les années 1960 et 1970. Une histoire de pulsions et d'interdits. Cette exposition est prolongée jusqu'au 10 octobre.

Composée d'une centaine d'oeuvres, dont certaines rarement montrées, l'exposition nîmoise propose une nouvelle lecture du travail de l'artiste, tenant en premier lieu dans le refus d'une mise en perspective linéaire. Les principales séries ou oeuvres - des Approche (1965-1970) à Fertilité (1986) - sont présentées. Néanmoins, la chronologie en est complètement modifiée afin de multiplier les points d'entrée dans son travail.
Toute sa carrière durant, l'artiste se pose en chantre de la contradiction. Il s'agit là d'un aspect incontournable de sa pratique et de sa personnalité, qui le voit passer de la figuration hyperréaliste à l'abstraction ou la fiction, de la virtuosité à la croûte, tout en maniant l'irrévérence ou l'hommage, la gravité et l'ironie la plus acide, l'excès ou l'ascèse.
Gasiorowski s'est en effet ingénié à jouer lui-même avec l'exégèse de son travail en multipliant chausse-trappes et objets de confusion, construisant une oeuvre faite de disparitions (Les Aires, Kiga), de conflits (La Guerre,), de dons ou d'offrandes (Hommage à Manet, Les Paysans), allant même jusqu'à produire, l'Académie Worosis Kiga au cours des dernières années de sa carrière, des oeuvres dont l'ampleur rend la présentation quasi impossible. Il s'agira en outre de mettre en lumière un processus de travail constamment porté par l'obsession du recommencement et du flux permanent de la peinture ; une quête qui s'est traduite par la répétition de motifs ponctuant son oeuvre à intervalles plus ou moins réguliers.

 

gerard.jpg
Carré d'art à Nîmes, jusqu'au 10 octobre