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29/08/2010

Sur les traces de Casanova forever en Languedoc-Roussillon : à la découverte de l'art contemporain

 

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Après le vif succès de Chauffe, Marcel ! en 2006 et de La dégelée Rabelais qui a attiré en 2008 plus de 554 000 visiteurs, c’est à la figure de Giacomo Casanova que la Région Languedoc-Roussillon dédie cette année sa manifestation pour l’art contemporain. Organisée à l’initiative de la Région Languedoc-Roussillon, pilotée par le Frac qui conçoit cette manifestation en partenariat avec de nombreuses institutions publiques et privées,  Casanova forever prend la forme d’une trentaine d’expositions, enrichies par des rencontres, des lectures, des projections. Tour d'horizon !

Montpellier : onze lieux investis.- La partie montpelliéraine de Casanova forever est notamment marquée par Shifting Shapes, installation de Simone Decker qui a peint un immense rectangle jaune sur le sol du Carré Sainte-Anne. Geneviève Favre Petroff  a  investi le zoo du Lunaret et les arbres de l'esplanade Charles-de-Gaulle. Au Frac, on découvre Up in the Air, une installation de Tom Friedman, alors que l'école des Beaux-Arts reçoit le Belge Jean-Jacques Rousseau, cinéaste de l'absurde. Enfin, les galeries montpelliéraines sont associées à la manifestation : Al/Ma (qui reçoit Vladimir Skoda), Iconoscope (Nina Childress et Didier Trenet), Aperto (le duo Lætitia Delafontaine et Grégory Niel), ChantiersBoîteNoire (Aude du Pasquier Grall) et Vasistas (David Wolle, Karim Zeriahen, Audrey Martin, Cyril Chartier-Poyet, Dominique Gauthier). D'autant plus intéressant que la plupart des oeuvres ont été spécialement réalisées pour l'occasion.

Montpellier : dans les médiathèques aussi. - Des expositions gratuites sont à découvrir tout l'été dans le réseau de médiathèques. Parmi les rendez-vous proposés : - Casanova parmi nous Jusqu'au 23 juillet, à Emile-Zola. La médiathèque centrale s'inscrit de manière originale dans la grande manifestation régionale d'art contemporain, Casanova forever ".Un Casanova parmi nous" en donnant à voir quelques feuillets du manuscrit original des mémoires de Casanova, Histoire de ma vie, accompagnés d'une présentation d'ouvrages issus des collections remarquables du XVIIIe siècle de la médiathèque.

Sigean : Casanova forever au LAC.- Le LAC présente une exposition à deux niveaux. Sur une proposition d'Emmanuel Latreille, directeur du FRAC Languedoc-Roussillon, trois artistes investiront une partie de l'espace. Alicia Paz, Vincent Olinet et Piet Moget. Une sélection de la collection sera proposée aux visiteurs en relation avec la thématique de Casanova, avec entre autre : Marlène Dumas, Robert Morris, Eva & Adèle, Madeleine Berkhemer, Kiki Smith, William Copley, Eric Fischl....

Aigues-Mortes : Incarnations.- Un ensemble d'installations de Geneviève Favre Petroff est présentée dans les tours et les reparts de la cité d'Aigues-Mortes.

Narbonne : dead man walking.- Dans les salles du musée arcéologique, l'oeuvre-installation du duo Maurin et La Speza prend place au milieu des sarcophages romains.

Sète : Claude Lévêque au Crac.- A partir du 3 juillet, installation visuelle et sensorielle The Diamond Sea, de Claude Lévêque, au Crac de Sète.

Pont du Gard : jardin théâtre.- Le site du pont du Gard nous présente le Jardin-Théâtre Bestiarium, une exposition-jardin conçue en 1988-89 par Rüdiger Schöttle.

Nîmes : Laurina Paperina aux Beaux Arts.- Laurina Paperina, une compatriote de Casanova, présente ses dessins et peintures, souvent drôles, à l'école des Beaux-Arts. A la chapelle des Jésuites, un cascadeur reconstitue l'évasion de Casanova. A Carré d'art, détournement des tableaux de Franceso Casanova et d'un texte de Giacomo Casanova.

Montolieu : oeuvre collective. - La  Coopérative de Montolieu (Aude) présente une oeuvre commune signée par Eugène van Lamsweede, Inez van Lamsweede et Vinoodh Matadin.

Salses-le-Château :  les meurtres de Jacques Monory.- Dans les Pyrénées-Orientales, la forteresse de Salses est  investie par douze des vingt tableaux de la série Meurtres de Jacques Monory.

Mende :  photographies inspirées.- Cécile Hesse et Gaël Romier montrent, dans l'ancienne maison consulaire, leurs photographies inspirées par leur lecture de Casanova. Une expo intitulée à « connotation sexuelle, en référence aux servantes, à Casanova»,

Lodève : précieux feuillets à la médiathèque. - La médiathèque Jean-Jacques-Rousseau expose, jusqu'au 23 juillet, trois feuillets tirés des mémoires de l'écrivain vénitien, Giacomo Casanova. Gardés précieusement, entre 18° et 20°, ces manuscrits ont été prêtés par la Bibliothèque nationale de France .

Alès : au musée Pierre-André Benoit.- "Casanova sa vie son oeuvre Giacomo" jusqu'au 13 septembre au musée Pierre-André Benoit. Avec des oeuvres de Marie-Ange Guilleminot (collection de poupées) , Paul-Armand Gette (Photos) et Didier Trenet (dessins). Au passage, il sera possible d'admirer des peintures, dessins et gravures d'Alechinsky, Braque, Picasso ou Miró. L'entrée est libre.

Plus d'infos : 04 99 74 20 35 et sur le site www.fraclr.org

22/07/2010

Au musée d'art contemporain de Sérignan : autour de Casanova, le jeu comme art et mode de vie

 

 Au musée d'art contemporain de Sérignan, exposition autour du jeu et de Casanova, dans le cadre de la manifestation régionale « Casanova Forever », à l'initiative de la Région Languedoc-Roussillon et pilotée par le FRAC L-R. Si vous voulez-jouer... faites une petit tour au musée d'art contemporain de Sérignan où cette exposition est présentée jusqu'au 24 octobre.

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"Ecce Homo Ludens" : le titre de l'exposition, inspirée de l'essai de J. Huizinga, Homo Ludens, paru en Hollande à la veille de la seconde guerre mondiale, peut se traduire par « voici l'homme qui joue ». "À travers un parcours dans l'art du XXème et du XXIème siècles, mais aussi dans la littérature, la philosophie, les sciences humaines, nous avons mis en perspective la manière dont un grand nombre d'artistes et de mouvements, dans le sillage de Dada, ou partant de problématiques singulières, ont investi le jeu comme un univers ouvrant sur un horizon de formes et de réflexions infinies", explique Cyril Jarton, critique d'art.
Le détachement et le goût du risque sont la source de cette « humeur joueuse » caractéristique d'Homo Ludens dont l'exposition explore les facettes à travers de nombreux portraits :  Garry Kasparov, connu pour son « style », sa « créativité », mais aussi ses « performances » notamment dans les parties qui l'opposent à des ordinateurs ; Marcel Duchamp, grand maître du jeu d'échecs et représentant la France dans des compétitions internationales. Arthur Cravan, boxeur et poètedadaïste, dont les « conférences » mêlent poésie, blagues, insultes et démonstrations pugilistes... "Cette galerie de portraits fait aussi apparaître la grande diversité de ceux qui, dans des disciplines différentes, peuvent être considérés comme des figures importantes, et parfois imprévus, de cette histoire de l'art et du jeu. ", poursuit Cyril Jarton. On retrouve notamment, l'acteur et chanteur de variété Patrick Bruel considéré comme l'un des meilleurs joueurs de poker actuel.

L'exposition accueille de nombreux jeux conçus par des artistes comme le Jeu de la vie de Ben ou le Jeu du coeur de Sarah Venturi, jeu de cartes composé uniquement d'as de coeur. Souvent, comme dans la balançoire de Frédéric Lecomte, se déplaçant à vide, mue par une hélice,ou la Roulette Française de Michel Aubry dont les chiffres ont été remplacés par des icônes spécifiques aulangage de l'artiste, les jeux sont utilisés comme support ou élément d'une rêverie poétique et d'uneréflexion sur l'art. À la manière de Another World de Chris Burden, tour Eiffel en Mécano servant de pivot à deux paquebots Titanic en modèle réduit, tournant au-dessus d'une maquette de Paris, les jeux choisis sont porteurs d'une vision de la culture et du monde transformés par le jeu.

En parallèle, l'exposition présente aussi des textes, détournements, affiches, cartes géographiques présentant l'esprit ludique du groupe Situationnistes, transformant la ville en espace de jeu. . Au fil du parcours, le visiteur est parfois directement invité à jouer comme avec le loto d'Axel Straschnoy dont le tirage sera réalisé au cours de l'exposition. Ailleurs, le visiteur est poussé par Stéphane Bérard, dans une botte de foin ou invité à la contemplation par le Cosmic Billard de Roman de Kolta, vidéo où les figures réalisées aléatoirement par l'ex-champion du monde de billard artistique, Jean Reverchon, se superposent avec une carte du ciel lorsque les mouvements des billes correspondent avec une constellation céleste.  Si avez l'humeur joueuse, il ne vous reste plus qu'a faire un tour au musée de Sérignan. Allez c'est parti!

Voir le diaporama : >>>>>>>>>>

Rendez-vous : Cycle de Projections vidéo pour les nocturnes du MRAC : les jeudis 22, 29 juillet et les jeudis 5, 12, 19 août 2010 à 19h Thomas Bernardet, Marie Denis, Matthieu Laurette, Alexandre Périgot, Alain Séchas, Uri Tzaig ; Samedi 31 juillet 2010 à 19h : Concert exceptionnel du Quatuor Artis, dans le cadre du Festival Pablo Casals Michel Lethiec, clarinette, Peter Schuhmayer, Johannes Meissl, violons, Herbert Kefer, alto, Othmar Müller, violoncelle : Wolfgang Amadeus Mozart - Don Giovanni, en quatuor à cordes et Quintette pour clarinette et cordes K. 581.

25/06/2010

Casanova Forever au Carré Saint-Anne : l'art contemporain se prend les pieds dans tapis !

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"Elle est où l'expo?", "C'est quoi ces tapis?", "Y-a-t-il quelqu'un qui peut m'expliquer?"... réflexions entendues après le vernissage de l'exposition Shifting Shapes, présenté dans le cadre de Casanova Forever à Montpellier. Les bouilles des visiteurs étaient, dans l'ensemble, plutôt dubitatives devant les tapis de mousse jaunes et rouges tendus à l'intérieur et à l'extérieur du Carré Saint-Anne.

Pour le visiteur lambda,  faire le lien entre les couches de mousse et Casanova n'est effectivement pas évident ! Simone Decker, l'artiste à l'origine de cette installation, a considéré l'ancienne église comme "un véritable corps qu'il s'agit d'habiller". Pour elle, les tapis jaunes, accrochés aux colonnes, sont comme des vêtements. Les tapis rouges à l'extérieur pouvant être assimilés "à  des habits  que l'on mettraient à sécher sur une pelouse."
Casanova, l'écrivain vénitien aimait les costumes. C'était aussi un aventurier, un voyageur infatigable. Il bougeait beaucoup. Et, les tapis de Simone Decker sont autant de départ vers de nouveaux lieux. Des invitations à découvrir de nouveaux espaces.
Mais cette invitation n'a pas visiblement été comprise sauf par les enfants qui sautaient et dansaient sur les tapis de mousse.  Avec cette exposition, l'art contemporain ne se serait-il pas un peu emmêlé les pieds dans le tapis ?

 Pratique : exposition ouverte du mardi au dimanche de 10h à 18h.